Après un été relativement calme musicalement, la rentrée de septembre et son lot de tensions nécessitait un doux retour à la musique. Neil Halsteadet son troisième album Palindrome Hunches qui sortira en novembre en Europe nous distille un folk doux et apaisant, idéal pour se détendre les zoreilles...
Neil Halstead leader et fondateur du groupe Mojave 3, réussi avec sobriété et finesse son excursion solo. C'est avec sa voix de barbu et sa guitare appuyée d'un violon et d'un piano que l’anglais nous berce d'une musique douce et mélancolique. C'est à partir du troisième titre " Wittgenstein's Arm" que l'on succombe à la douceur des mélodies qui s'enchainent de titres en titres. Mes préférences vont vers les titres " Full Moon Rising" et "Sandy". L'album est en écoute intégrale sur son site : www.neilhalstead.com
En ce retour de l’Été où la musique est fêtée un peu partout, voici un groupe qui pourrait vous accompagner toute la saison. Découvert grâce au très bon blog "ma boîte à son", le deuxième album de Edward Sharpe and the magnetic zeros "Here" (sorti le 29 mai) n'a de cesse de m'enchanter chaque jour...Ce collectif de douze membres, est mené depuis 2005 par le chanteur Alex Ebert et la chanteuse Jade Castrinos. Ce groupe d'amis s'est rendu populaire grâce au très bon single "Home" apparaissant ensuite sur un premier album plus énergique "Up from below" sorti en 2009. Ces californiens et hippies très inspirés au niveaux des mélodies aux influences folk-rock nous proposent ici un album illuminé avec 9 titres optimistes qui vous communiquent bonne humeur et allégresse. On s'entendrait presque crier "All you need is love !" à l'écoute de cet album en forme de coeur... Celui-ci commence par le très bon titre nonchalant mais obsédant "Man on fire". Ça commence avec "with one guitar" et des percussions discrètes appuyées d'une basse. Au pré-chorus la danse est lancée et on se laisse entraîner au chorus avec un piano en feu et parfois un didgeridoo. On s’énerve un peu plus avec le très bon deuxième titre "That's what's up" et ses guitares funky électrisées et ses chœurs entraînants. Sur la fin on applaudit, on chante, et on se croirait presque dans un gospel. L'ambiance est au beau fixe ! Voici ensuite mon titre préféré "I don't wanna pray". Ukulélé et rythme encore une fois entêtant. Un hymne à l'amour ! Ensuite allumez les briquets, prenez-vous par le bras voici "Mayla". Le morceau le plus cool de l'album autour des guitares et des maracas qui nous plonge en plein 70'...En enchaîne sur la balade "Dear Believer" très apaisante avec les arpègent des guitares folk et ses trompettes héroïques. Le titre "Child" pourrait sortir tout droit du répertoire de Devendra Banhart, avec la voix vibrante et mélancolique du guitariste Christian Letts qui vous provoque des frissons. "One love to another" pourrait quand à lui sortir du répertoire de Bob Marley avec ses airs de reggae. "Fiya Wata" met en avant la voix soul de la chanteuse dans un délirium de guitares et de piano. L'album se termine (déjà) sur ce neuvième titre plus monotone "All wash out".
Si vous aimez l'ambiance "chansons avec les amis autour
d'un feu de camp ou sous le soleil au milieu des prés", vous pouvez vous
lancer dans l'écoute de cet album qui pourrait très vite devenir votre
indispensable de l’Été.
Le clip officiel "Man on fire"
Enfin voici un aperçu de l'esprit du groupe lorsqu'il s'autorise à l'improviste un mini live de "Home" dans la rue après un concert :
Sorti en Mars dernier, le troisième album d'Alexa Woodward " It's a Good Life Honey If You Don't Grow Weary" est une véritable petite perle des Appalaches si vous êtes sensibles aux voix envoutantes et aux douces mélodies de banjo et de ukulélé. Présente notamment avec le titre "Secrets" sur la BO de Twilight, Alexa qui puise son inspiration dans le bluegrass, le folk et le gospel nous distille avec cet album un Americana délicat et intemporel. Vibraphones, violoncelle, percussions et quelques instruments électriques s'ajoutent aux choristes qui l'accompagnent à notre plus grand plaisir. Si vous pensez que sa musique n'a rien de transcendant à la première écoute détrompez-vous, le virus est déjà répandu dans vos oreilles et vous n'allez pas tarder à en redemander ! C'est simple : cela fait deux mois que l'album tourne en boucle dans ma tête quand ce n'est pas dans mes oreilles...
L'album débute par la douceur "Pale Blue Line" qui monte en crescendo jusqu'au refrain qui vous donne la sensation de vous laisser porter par des courants d'airs ascendants tel un oiseau...flyyYyyYyyYYIinng ! Puis arrive "Wolves" qui vous hurle Aooooouuuuh et vous apprend à frissonner, à trembler...teach me to tremble ! Les cœurs du magnifique "Darkest day"(ma préférence) vous transportent dans les stratosphères jusqu'à vous étourdir avec "Tornado"...Vous voilà dans l'oeil du cyclone : Alexa et son banjo se sont emparés de vos oreilles. Atterrissage avec le titre "Down" et le minimaliste "Elephant". "Alexander" vous fait frissonner par sa douceur et les cordes du violoncelles. "Pillart of salt" assure la continuité jusqu'à "Mister" qui reprend à peu près les mêmes accords. "All this sugar" et "Weary" clôturent un album assez homogène. Si les quatre derniers titres paraissent un peu monotones (mais parfaits pour s'endormir en douceur) les autres chansons ont cette capacité à vous émerveiller jusqu'à vous posséder pendant au moins deux mois !
Un matin où les yeux peinent à rester ouverts, un matin où le brouillard épais vous maintien recroquevillé près du feu...Et par hasard on tombe alors sur un petit groupe qui nous vient de Belgique aux musiques qui s'accordent parfaitement à l'ambiance matinale ! Amatorski composé de Inne Eysermans (chant, piano, guitare, accordéon), Sebastiaan Van den Branden (chant, guitare), Hilke Ros (contrebasse, synthbasse) et de Christophe Claeys (batterie, vibraphone, trompette) avait sorti son premier EP "Same Stars We Shared" en 2010. Le titre "Come home" s'est fait connaître par une pub d'eau minérale...Leur premier LP "TBC" est paru en Octobre dernier. C'est une musique douce, avec quelques envolées de cordes et des titres plus électroniques flirtant parfois avec le Trip Hop mais qui prend son temps (ce matin j'en ai besoin). Des titres prometteurs qui nous laisseraient envisager un prochain album lumineux à percer le brouillard. A déguster et à surveiller. Petite préférence pour le titre "Never Told" à voir en live plus bas.
Comme "Bon Iver", certains artistes trouvent l'inspiration dans leur séparation avec l'être aimé. Tristesse, dépression, remise en question...bref tout ce qu'il faut pour laisser couler les larmes de l'amour perdu, et remplir l'océan des cœurs brisés. Mais au fond des eaux sombres où l’oxygène se fait rare, où la lumière n'est plus, on distingue la complainte d'une âme qui vous conte fébrilement son histoire. On succombe alors à la beauté des mots simples portés par la douceur des mélodies... Touché en plein cœur par cette sincérité on se sent privilégié de partager tous ces maux avec l'artiste. Oui c'est triste mais c'est si beau et si vrai... (Attention de ne pas en abuser en période difficile car cela n'aide pas à refaire surface).
L'artiste en question s'appelle Keaton Henson. Il nous offre le bijou "Dear" suite à sa rupture amoureuse qui l'a particulièrement touché. Sorti en 2010, l'album était passé inaperçu. On lui souhaite un peu plus de reconnaissance cette année 2012 avec la réédition aujourd'hui même du dit album. On ne peut que frissonner à l'écoute de ces dix titres tous aussi touchant les uns que les autres...
Voici 3 titres à découvrir dont le déchirant "You Don’t Know How Lucky You Are"
Enfin 2 sessions "live" pour partager au plus près l'ambiance mélancolique de Keaton Henson soit dans une tente au milieu des bois... soit dans un grenier avec de très jolies reprises (magnifique).
Sharon Van Etten américaine du New Jersey, vient de sortir son troisième album Tramp...Réalisé par Aaron Dessner de The National, cet album orchestré autour de la voix vibrante et tourmentée de Sharon m'a fait tendre l'oreille jusqu'à me mordre avec le titre rageur "Serpents" (ça tourne, ça tourne dans ma tête). On ressent du vécu dramatique...déchirures, tristesse, mais de l'énergie à fleur de peau...C'est mélancolique et entêtant. C'est dérangeant mais magnifique. On succombe à cette voix sublimée par un folk électrique enfoncé dans votre tête à coups de percussions bien présentes. La recette imparable : première écoute "de loin", reposer les zoreilles, laisser décanter et fatalement une envie rapide vous prendra à déguster les larmes que l'on pourraient voir jaillir de certains titres.Si vous préférez la même ambiance en plus acoustique je vous conseille ses albums précédents (dont le premier chroniqué par l'incontournable Saab). Et si vous n'êtes toujours pas convaincu, regardez la vidéo du 10 février dernier si dessous qui fait la part belle à la voix de Sharon.
Non non non! Nooon je ne peux plus résister à l'envie de parler de mon dernier frisson musical, que dis-je mon coup de coeur du moment pour un album qui date de juin 2010 d'un groupe indie, pop folk de Toronto. Les canadiens de Forest City Lovers avec leur troisième album Carriage tournent en boucle dans ma voiture, sous ma couette, et dans ma tête au travail ! A chaque nouvelle écoute je redécouvre les titres qui possèdent tous leurs petites perles sonores. Les rythmes changent, les ambiances varient tellement qu'on ne s'ennuie jamais. On a l'impression d'être une plume transportée par le vent et que chaque changement de direction nous procure un nouveau bonheur... Bref c'est un album incontournable que j'ai découvert grâce à un merveilleux blog http://withmusicinmymind.blogspot.com/ auquel je suis devenu accro avec les crocs... Tout est (très bien) dit sur le groupe dans la chronique de ce blog que je vous conseille d'aller voir tout de suite si vous voulez en savoir plus et tout écouter !
Je terminerai par illustrer ce coup de coeur avec un titre qui m'a permis de cotoyer les étoiles :
Vous cherchez un duo aux voix douces, une rencontre entre une guitare et un violoncelle ? Aaron et Jane, musiciens du Sud de la Californie pourront peut-être vous plaire... Leur premier album "A long road home" (2010) est très prometteur. Brut, simple sans artifice, on est loin des productions léchées même si côté pochette c'est du grand art (à voir ici). Dommage que la guitare d'Aaron claque un peu fortement par moment mais quand le violoncelle de Jane et sa voix pure apparaissent on mesure fébrilement que le frisson n'est pas loin... Alors en attendant qu'un Label les repère et qu'un prochain album un peu plus équilibré pointe son nez, je vous propose de découvrir les prémices d'un futur grand duo... J'aime beaucoup le titre "tonight".
A suivre
Si vous n'avez rien contre le russe que vous parlez couramment comme moi (ben voyons), que vous aimez les musiques concises mais efficaces et que vous appréciez un ptit air de piano, d'accordéon sur des envolées de violons, alors pourquoi pas découvrir Alina Orlova qui nous vient de Lituanie. Musiques douces légères mélancoliques originales ...Voici deux titres qui ne laissent pas insensibles issus de ses deux premiers albums (Laukinis šuo dingo, 2008) et (Mutabor, 2010).